La 5eme réunion de l´Association des Sénats
d´Europe Prague, 6 - 8 octobre 2003
Réponses au questionnaire sur le theme: Une composition
différente des chambres dans les parlements bicaméraux comme
pré-condition de leur efficacité?
Belgique
Lorsque la Belgique
acquit son indépendance en 1830, le principal argument en faveur du
Sénat fut l’influence modératrice que lui attribuaient ses
partisans. Créé sur le modele des chambres aristocratiques, le Sénat
fut instauré pour tempérer le zele révolutionnaire de la Chambre des
représentants. Il devait fournir un contrepoids a la chambre
politique, jugée trop vulnérable aux entreprises démagogiques. Le
Sénat selon Blargnies, un membre de l’assemblée constituante
(Congres national), il fallait ‘soumettre les décisions des
représentants du peuple a l'examen et a la sanction d'un pouvoir
essentiellement modérateur destiné a servir de barriere au peuple
contre le trône et au trône contre le peuple’. Pour etre élu
sénateur il fallait payer, a titre d’impôts directs, un montant
minimum de 1000 florins. Quatre cents personnes seulement étaient
éligibles!
Le choix en faveur du
bicaméralisme fut aussi, en partie, guidé par des raisons d’ordre
pragmatique. Le pays se trouvait dans une situation précaire. La
révolution belge avait en effet heurté de front les rapports de
force existant en Europe. La Belgique devait s’aligner sur le
bicaméralisme dont la France et l’Angleterre lui donnaient
l’exemple, sans quoi, observait Paul Devaux, un autre membre du
Congres national, ‘l’effet serait déplorable sur l’esprit des hommes
influents des deux pays qui nous montrent aujourd’hui le plus de
sympathie’.
Au fil du vingtieme
siecle, la poussée des masses électorales et l’évolution des idées
conduisirent dans toute l’Europe a mettre en cause l’existence des
chambres aristocratiques. Dans certains pays, elles furent purement
et simplement abolies; ailleurs, elles subirent une capitis
diminutio. En Belgique, le Sénat se démocratisa.
A la faveur de deux
réformes, en 1893 et 1921, le cens d’éligibilité pour les sénateurs
fut abaissé, puis aboli. Cette évolution aboutit a l’établissement
d’un systeme bicaméral indifférencié et égalitaire, ou les deux
chambres se présentaient, tant du point de vue de leur composition
que de leurs attributions, de maniere pratiquement identique. A
force de similitude, la deuxieme chambre finit par se confondre avec
la premiere. Elle en devint un doublon. C’est pourquoi, certains
militaient depuis longtemps en faveur d’une refonte en profondeur du
systeme bicaméral, principalement du Sénat. Les articles de la
Constitution sur le Sénat furent repris dans toutes les déclarations
de révision de la Constitution entre 1892 et 1991…
Le 5 mai 1993, le
Parlement fédéral belge a connu la réforme la plus importante de son
histoire. Tant sa composition que son fonctionnement ont été
fondamentalement revus. Cette réforme constitue l’aboutissement d’un
double processus.
D’une part, durant
les trente dernieres années, l'État belge unitaire s’est lentement
transformé en un État fédéral. Des collectivités fédérées ont vu le
jour; elles ont progressivement obtenu une autonomie de plus en plus
large. Ce processus de ‘défédéralisation’ de l’État a eu une
conséquence importante sur la composition du Parlement fédéral. Il
fallait mettre sur pied un bicaméralisme convenant a un État de type
fédéral. Le Sénat fut transformé, en partie du moins, en une
“chambre des États”, de maniere a assurer au Parlement fédéral une
représentation des collectivités fédérées. Dans un État fédéral, la
seule représentation nationale ne suffit pas. Plus un État est
diversifié dans ses composantes, plus la nécessité d’associer ces
dernieres a la prise de décision se fait sentir. Cette participation
représente un facteur de stabilité de grande importance.
Parallelement au
processus de transformation de l’État belge, un autre facteur
contribua a la réforme du Parlement fédéral. L’évolution du
parlementarisme belge avait abouti, comme on l’a décrit plus haut, a
l’établissement d’un systeme bicaméral égalitaire.
La réforme du 5 mai
1993 a tenté de mettre fin aux lenteurs et aux doubles emplois
inhérents au bicaméralisme égalitaire. Pour ce faire, elle a opéré
une certaine spécialisation des assemblées et rationalisé la
procédure législative. C’est ainsi que le contrôle politique du
Gouvernement et des finances publiques fut confié a la Chambre des
représentants. Le Sénat fut transformé en une ‘Chambre de
réflexion’, garante de la qualité de la législation. A partir des
années soixante déja, le Sénat a joué un rôle de premier plan dans
l’examen et la solution de nombreuses questions de société: divorce,
régimes matrimoniaux, avortement et contraception, filiation et
adoption, bio-éthique, euthanasie. Ce trait marquerait le Sénat
jusqu’a ce jour. Les deux Chambres se virent reconnaître une
compétence commune pour tout ce qui concerne les bases de l’État
belge.
En conclusion, le
Sénat d’aujourd’hui remplit en substance le meme rôle que celui
qu’il assumait en 1831. Il apparaît comme un facteur de compromis.
Il constitue un élément modérateur du régime représentatif. A
travers plus de cent soixante-dix ans d’une histoire mouvementée, le
Sénat est parvenu a s’adapter aux transformations profondes qui ont
traversé la société belge, parce qu’il a continué a remplir le rôle,
essentiel dans tout régime parlementaire, de contrepoids, que le
Constituant lui avait assigné a l’origine.
République tcheque
Depuis l’obtention de
l’indépendance en 1918, le parlement a été par trois fois constitué
de deux chambres. La premiere fois dans la Tchécoslovaquie de
l´entre-deux-guerres (1920-1939), ensuite lors de la fédéralisation
de la Tchécoslovaquie (1969-1992) et enfin apres la création de la
République tcheque indépendante.
Dans le premier cas,
la seconde chambre, le Sénat, devait limiter les exces éventuels de
la premiere chambre, la Chambre des députés. Toutefois, la
conception du Sénat en tant que chambre conservatrice, en partie
nommée, ou plutôt occupée par des membres de droit, a été rejetée.
Grâce a un systeme électoral identique et du fait de la périodicité
retenue pour les élections, la composition des chambres ne différait
pas; une discipline partisane stricte éliminait en outre les
conflits entre les chambres.
Dans le deuxieme cas,
l´Assemblée fédérale était l’expression de la reconnaissance de
l’égalité des deux républiques constitutives de la fédération:
tandis que la Chambre du peuple exprimait le principe civique, les
150 députés de la Chambre des nations représentaient de façon
paritaire les deux nations. Toutefois, pendant longtemps, l’activité
de fait de l´Assemblée fédérale était déterminée par l’hégémonie du
parti communiste au pouvoir. Apres 1989 la pratique des sessions
communes des deux chambres a également prédominé, si bien que
l’Assemblée fédérale se comportait davantage comme un corps
monocaméral, avec interdiction de mettre en minorité une des deux
parties nationales.
Dans le troisieme cas
un débat assez intéressant eut lieu, ou un rôle considérable fut
joué par les références a l’ouvre de F. A. Hayek. Selon
certains de ses partisans, le Sénat devait fonctionner comme une
chambre du droit privé, alors que la Chambre des députés devait etre
la chambre du droit public. D’autres argumentaient en faveur de la
représentation des régions. Ce sont toutefois les argumentations
portant sur une division approfondie du travail (K.
Loewenstein), le besoin de révision de l’activité législative de
la Chambre des députés et la nécessité de l’accord de deux corps
différents pour les décisions particulierement importantes (par ex.
lors de l’adoption de lois constitutionnelles ou de l’état de
guerre) qui l’emporterent. On formulait en outre l’attente que les
sénateurs, ayant obligatoirement plus de 40 ans, seraient plus
expérimentés et sans doute aussi plus modérés que les députés; le
mode de leur élection devait contribuer a une dépendance moindre
vis-a-vis des partis politiques. Le Sénat devait ainsi offrir une
garantie de la stabilité du systeme constitutionnel et de la qualité
de la législation, ainsi qu’une plate-forme plus axée sur les faits
que sur des disciplines partisanes. Au fil du temps, on a constaté
également l’existence de liens factuels du Sénat avec la politique
communale.
France
La création de la
seconde Chambre, en 1795, a été motivée par le souhait de ne plus
revivre ce qui s’était passé durant la période 1793–1794,
c’est-a-dire la dictature d’un comité issu de la Chambre unique. Les
régimes qui se sont succédés par la suite ont tous conservé une
seconde Chambre, en l’adaptant chaque fois a la nature du
régime.
Un bref retour a la
Chambre unique a eu lieu entre 1848 et 1851. Mais l’antagonisme
permanent entre cette Chambre unique et le Président de la
République s’est soldé par un coup d’État. La seconde Chambre a pris
sa forme actuelle en 1875, lors du retour a la République. Depuis
cette date, elle est élue au suffrage indirect.
En conclusion, la
seconde Chambre a été principalement motivée, historiquement, par la
nécessité d’un pouvoir modérateur, protégeant les citoyens des abus
possibles d’une Chambre unique.
Aujourd’hui, cette
motivation n’est plus unique. Le processus de décentralisation
engagé depuis 1982 donne plus d’importance a la fonction de
représentation des collectivités locales. (La seconde Chambre avait
également ce rôle depuis 1875, mais la centralisation tres forte en
limitait la portée).
Italie
L’Assemblée
constituante a abondamment débattu de l’éventualité de la création
d’un parlement monocaméral, mais a la fin le systeme bicaméral a
prévalu. D’aucuns ont argumenté qu’une seconde chambre devrait agir
comme contrepoids ou contrôle de l’autre, selon d’autres avis une
seconde chambre fonctionnerait comme la chambre de la représentation
des régions en tant qu’unités administratives et géographiques,
d’autres encore plaidaient pour un Sénat composé de représentants de
certains segments des milieux socio-économiques.
Le choix définitif du
bicamérisme fut le résultat de longs débats qui ont opposés ceux qui
supportaient un systeme monocaméral (la majorité de la gauche) a
l‘idée d´une chambre des corporations (issue d‘un important
représentant du Centre). Une troisieme proposition se concentrait
sur l’idée d’une base régionale réelle pour la représentation du
Sénat. Cette derniere était a l’époque considérée comme
irréalisable, les régions comme maillons politiques n’ayant pas
encore vu le jour.
En définitive, le
principe d’une seconde chambre fut accepté comme une sorte de
compromis entre les diverses propositions exprimant des opinions
politiques diverses. Le systeme adopté par la Constituante suite a
de longs débats fut un bicamérisme parfait avec seulement de petites
différences entre les deux chambres qui constitua un Parlement fort
dans son ensemble.
Des débats et des
propositions ont récemment été soulevés en faveur d’amendements
constitutionnels. Suite a la réforme constitutionnelle de l’Etat en
2001 - fondée sur les principes d’autonomie et de subsidiarité - une
discussion est en cours sur le renforcement du lien entre le Sénat
et les régions et l’introduction de compétences différentes pour les
deux chambres.
Luxembourg
En raison de
l’exiguité du territoire, la premiere Constitution démocratique au
Luxembourg, qui remonte a 1848, n’a pas retenu l’institution d’un
Sénat. Le souci de l’amélioration constante des textes de loi a
motivé la création d’un organe spécialisé et indépendant, a savoir
le Conseil d’Etat luxembourgeois, qui fut créé en 1856. A l’époque,
le constituant déclarait que "pour la législation, le Conseil d’Etat
tiendra lieu de deuxieme chambre; son action deviendra une garantie
pour la maturité des lois". La qualité de la législation, tant quant
au fond que quant a la forme, a donc été et reste une mission
essentielle du Conseil d’Etat qui fait fonction de deuxieme Chambre
dans la mesure ou il est investi d’un droit de veto suspensif de
trois mois maximum pour toute loi.
Pologne
Vers la fin des
années 1980, la situation en Pologne était au bord de la
catastrophe, aussi bien a l’intérieur - érosion progressive du
systeme politique et crise économique persistante, qu’a l’extérieur
- anarchie croissante dans les ex-pays communistes, en particulier
en Russie.
En avril 1989 les
dirigeants polonais et l’opposition réunie autour du mouvement
syndical Solidarité sont arrivés a un accord qui est entré dans
l’histoire sous le nom d’Accord de la table ronde. Parmi les
nombreux arrangements conclus a l’époque - arrangements qui
lançaient la transformation politique et sociale – le rétablissement
du Sénat, a savoir le retour a un Parlement bicaméral apres 50 ans,
vient par son importance au premier plan.
Voici un extrait de
l’Accord de la table ronde du 5 avril 1989 qui porte directement sur
le rôle et l’importance du futur Sénat: « Le Sejm reste l’organe
supreme du pouvoir législatif. Il va délibérer de maniere continue
et la présence de l’opposition en son sein va changer le mode de
fonctionnement appliqué jusqu’a présent. La nouvelle institution du
Sénat va constituer un renforcement important du pouvoir législatif.
Le Sénat aura le droit de proposer des projets législatifs et va
considérer les projets de lois adoptés par le Sejm. S’il les
rejette, il faudra une majorité des 2/3 au sein du Sejm pour les
adopter. En outre, les candidatures pour les affectations par le
Sejm aux postes de commissaire aux droits de l’homme et de Président
de la Cour des comptes vont nécessiter l’aval du Sénat. Le Sénat va
amender et adopter la Constitution conjointement avec le
Sejm.
Le Sénat et le
Sejm vont former conjointement l’Assemblée nationale qui va élire le
Président pour son premier mandat. (...) Pour etre valides, les
candidatures présidentielles doivent etre soumises par au minimum
1/4 des députés et sénateurs. Le Sénat élu par la volonté d’une
nation souveraine est appelé a jouer un rôle important de contrôle,
en particulier dans le domaine des droits de l’homme et de l´Etat de
droit, et dans la vie socio-économique du pays... ».
Les experts
constitutionnels polonais ont raison quand ils affirment que le
rétablissement du Sénat en tant que seconde chambre du Parlement
n’émanait pas d’une réflexion quant a l’architecture de l’Etat, mais
constituait plutôt le résultat d’un compromis atteint entre diverses
factions politiques. Selon l’avis du dr. Wojciech Orlowski,
« la mise en place du Sénat était le résultat de la volonté de
réformer le Sejm et d’autres corps de l´Etat, et la raison immédiate
derriere sa restauration résidait dans le consensus politique
existant autour de la nécessité d’organiser des élections sans
confrontations et d’établir l’institution présidentielle ».
Selon le prof. Garlicki, « le Sénat a été instrumentalisé,
comme une espece de « suppléant démocratique », tandis que le
prof. Kruk-Jarosz estime que « le Sénat élu lors
d´élections libres et concurrentielles devait équilibrer la nature
´contractuelle´ du Sejm, ou 65 sieges avaient été imposés par la
coalition au pouvoir ». Ces déclarations montrent qu’au moins au
début de la transformation, l’origine du Sénat était avant tout
perçue comme l’effet d’un arrangement politique qui avait
réconcilié les dirigeants avec l’opposition.
En outre, le Sénat
était perçu, surtout apres les élections historiques de juin 1989
(ou l’opposition remporta pratiquement 100 % des votes), comme
une sorte de chambre contestatrice dont la tâche principale était de
contrôler les décisions prises par le Sejm et d´influencer la
direction des actions entreprises par le gouvernement ou le
Président.
De plus, les cercles
conservateurs et épris d’indépendance considéraient la renaissance
du Sénat comme un lien avec la tradition du parlementarisme
polonais, en particulier avec la période de l´entre-deux-guerres, et
son importance de ce point de vue dépassait le cadre
sentimental.
Le débat
constitutionnel sur le rôle, les tâches et les pouvoirs du Sénat, en
d’autres termes sur les avantages d´un parlement bicaméral, éclata
pour de bon en 1994 lorsque l’Assemblée nationale (les deux chambres
du Parlement) commença les travaux sur la forme future de la
Constitution et sur la place qui devait y etre réservée au Sénat.
Cinq des sept projets constitutionnels présentés par diverses
factions politiques supposaient l’établissement du Sénat. D’une
maniere générale, la gauche était la seule a vouloir conserver un
parlement monocaméral.
Il serait utile de
fournir quelques exemples de la maniere dont étaient justifiés
l’existence et les prérogatives du Sénat dans ces projets de
Constitution. En plus de refléter les objectifs politiques de leurs
auteurs, ceux-ci fournissent une certaine vision systémique du
fonctionnement des organes principaux de la gouvernance. Dans la
plupart de ces projets, la tâche principale réservée au Sénat en
tant que deuxieme chambre du Parlement était de « veiller a la
qualité de la législation ». Il devait par ailleurs servir «
de vigie au respect du droit » sans « participer aux
controverses politiques actuelles », « équilibrer le pouvoir
législatif et constituer une chambre de réflexion ». Le Sénat
était également chargé « du suivi du processus législatif »
et « de la supervision du fonctionnement des institutions de
contrôle ».
Un projet contenait
par ailleurs la proposition d’une disposition constitutionnelle
accordant au Sénat le pouvoir « d’exercer un contrôle direct sur
les activités du gouvernement et de l’administration d’Etat».
D’autres propositions renvoyaient a la création d’un organe qui «
collaborerait étroitement avec le Sejm », sous forme d’une
chambre économique ou d’autogestion composée de personnalités
méritantes, nommées parmi la société civile. Ces propositions n´ont
toutefois jamais été développées plus avant. L’avis de l’époque
était que « personne ne savait vraiment comment ces organes
fonctionneraient ou quelles seraient leurs tâches et l’étendue de
leurs pouvoirs ».
Il serait approprié
aussi de citer a ce stade les arguments contre l’existence du Sénat
qui sont apparus dans le débat constitutionnel. Voici les plus
importantes:
- « Dans un Etat unitaire (tel que la Pologne), l’existence
de la seconde chambre du parlement n’a aucun sens, car il n’y a
pas de raisons clairement définies justifiant son fonctionnement
». « Si les deux chambres sont élues lors d’élections
démocratiques, il y aura deux représentations inutiles du meme
genre et d’une composition politique similaire ». Le Sénat
« copie l´arrangement politique au sein du Sejm».
- « L´établissement et le maintien du Sénat en Pologne est
contraire a la tendance actuelle dans les systemes démocratiques
d´aller vers une structure parlementaire monocamérale ».
- « La seconde chambre prolonge et complique inutilement le
processus législatif, ce qui est une critique particulierement
convaincante, dans les conditions d’une reconstruction
fondamentale du systeme juridique (a savoir une transformation
systémique), face au besoin d’une adoption rapide d’un nombre
important de textes nouveaux et efficaces». En plus, « la
nécessité pour un projet de loi de passer par deux chambres serait
un facteur supplémentaire imposant une hâte excessive au processus
législatif, souvent contraire au reglement du Sénat et pénalisant
de toute évidence la qualité des actes en voie de
développement».
- « L’existence de la seconde chambre affaiblit la branche
législative - une proposition tres peu constructive lorsque dans
le monde entier la branche exécutive croît en importance et des
solutions sont recherchées afin de renforcer le rôle des
parlements.»
- « L´existence de la seconde chambre n’est pas nécessaire
pour l’amélioration de la qualité des nouvelles lois en cours
d’élaboration. » Cet objectif peut etre atteint « par
d’autres moyens moins onéreux, comme l’amélioration des capacités
et de l’efficacité des services législatifs du Sejm, un meilleur
planning législatif et une coordination plus efficace des
activités législatives du département chargé de cette question au
Conseil des Ministres (qui présente le plus souvent les
initiatives législatives) et le service législatif du Sejm».
Enfin, la
Constitution actuelle (adoptée en 1997) contient le modele d’un
bicamérisme différentié, conférant nombre de compétences et de
droits exclusivement au Sejm.
Autriche
La raison principale
mentionnée pour la mise en place d’une seconde chambre résidait dans
l’idée que le principe fédéraliste de la Constitution autrichienne
nécessitait l’existence d’une seconde chambre représentant les
provinces dans le processus de la législation fédérale.
République de Slovénie
Le Conseil national a
été constitué selon la Constitution de la République de Slovénie en
1991. La Constitution n’établit pas le bicamérisme du corps
représentatif, mais elle prévoit toutefois deux entités
constitutionnelles qui prennent une part active au domaine de la
législation.
En dépit du fait
qu’au début des années 90 l’avis constitutionnel dominant penchait
vers un systeme monocaméral, les théoriciens du droit
constitutionnel ont consacré le Conseil national comme chambre
haute. Dans leur grande majorité, ils soutenaient le bicamérisme en
raison des avantages qu’il offre.
La définition la plus
évocatrice de la théorie du droit constitutionnel en Slovénie
pourrait etre représentée par la citation suivante du professeur
Ciril Ribièiè : « L´existence de la chambre basse, du
corps représentatif et législatif qui forme le gouvernement est
indiscutable. La situation de la chambre haute est tout a fait
opposée. C’est un complément de la chambre basse et une complication
additionnelle du systeme, un cout supplémentaire, un élément qui
ennuie le gouvernement aussi bien que la chambre basse. Mais
surtout, on peut se passer de la chambre haute. C’est pour cette
raison que les discussions sur la chambre haute restent ouvertes;
les opposants qui ont tendance a vouloir l’abolir sont toujours la
ainsi que les partisans qui souhaiteraient préserver et/ou renforcer
ses compétences. J’appartiens moi-meme a ces derniers ».
Actuellement, on
trouverait évidemment plus de partisans du bicamérisme qu’au moment
de l’entrée en vigueur de la Constitution en 1991. Il serait
nécessaire de modifier au moins les dispositions légales sinon
constitutionnelles du Conseil national pour assurer son
fonctionnement efficace. Une réponse ingénieuse qui permettrait des
amendements plus conséquents est difficile a trouver en Slovénie.
Les changements de compétences du Conseil national impliquent la
possibilité de proposer un amendement d’un projet de loi, des
pouvoirs dans la procédure de contrôle de la constitutionnalité,
etc.
Roumanie
Apres la Révolution
de Décembre 1989, la Roumanie – tout comme les autres États
anciennement socialistes – est confrontée au probleme de l’option
pour le systeme monocaméral ou bicaméral. Le désir de revigorer les
traditions démocratiques du pays, aussi bien que l’expérience –
nullement positive – du systeme monocaméral de la période socialiste
ont conduit a l’adoption par l’Assemblée constituante, sans aucune
difficulté, du systeme bicaméral.
Il est a remarquer
que, lors de l’option pour la formule bicamérale, on a jugé
nécessaire d’assurer un systeme d’égalité parfaite des deux Chambres
(conformément au systeme italien). On estimait qu’un tel mécanisme
est préférable a l’option monocamérale, car il permet la mise en
place d’un équilibre politique, une réflexion plus sage sur les
actes législatifs a adopter, ainsi qu’une discussion plus large en
réunion pléniere sur les solutions et choix démocratiques liés au
développement futur du pays.
L’expérience des
treize dernieres années de parlementarisme roumain a soulevé,
toujours plus fréquemment ces derniers temps, un theme de
discussion: l’adoption du systeme italien de l’égalité parfaite des
chambres, dotées de prérogatives identiques et conduisant a la
répétition du processus législatif a tous les niveaux, n’aurait pas
constituée un choix fonctionnel dans notre pays.
C’est pourquoi, afin
de rendre plus efficace l’activité parlementaire en matiere
législative, la proposition d’amender la Constitution (approuvée par
la Chambre des députés et en cours d’examen au Sénat) présente au
Parlement la solution de départager les attributions législatives
des deux chambres.
Cette formule est,
évidemment, beaucoup plus avantageuse, car elle confere a chacune
des deux chambres du parlement une personnalité propre et un rôle
distinct.
La proposition
législative de révision de la Constitution envisage l’insertion d’un
nouveau texte, conformément auquel on soumettrait au débat et a
l’adoption de la Chambre des Députés en premiere lecture: les
projets de loi et les propositions législatives relatives a la
ratification des traités ou d’autres accords internationaux ainsi
que les mesures législatives résultant de l’application de ces
traités ou accords; les projets de lois organiques relatives aux
services publics de radio et de télévision, aux catégories de
personnes qui ne peuvent pas appartenir a des partis politiques, a
l’exemption des citoyens roumains du service militaire; les lois
organiques régissant le régime de l’état de siege et de l’état
d’urgence, le statut des fonctionnaires, le régime juridique général
de la propriété et des successions, le régime général relatif aux
rapports de travail, aux syndicats et a la protection sociale; la
création, l’organisation et le fonctionnement du Conseil législatif;
l’organisation du gouvernement, les incompatibilités entre le mandat
parlementaire et la fonction de membre du gouvernement, la création
des collectivités territoriales, la structure du systeme national de
défense, des services de renseignement et des autres éléments de
forces armées, la compétence des instances judiciaires et la
procédure judiciaire, les conditions de renouvellement périodique
des membres de la Cour constitutionnelle.
La Commission
constitutionnelle chargée de l’élaboration du projet n’a pas jugé
nécessaire de retenir d’autres éléments de différenciation des deux
chambres, a l’exception de l’obligation de soumettre a la premiere
chambre les projets de loi ou les propositions législatives
concernant certains domaines spécifiques. Au cours des débats
publics des dernieres années sur la révision de la constitution, il
y a eu d’autres variantes visant l’établissement de compétences
spécifiques pour le Sénat, afin de mieux le différencier de la
Chambre des députés.
Russie
La composition
différente des chambres de l’Assemblée fédérale est une des
prémisses de leur efficacité. Le mode de formation de la Douma
d’Etat a suscité des le début une forte politisation de la chambre
basse du parlement russe. Le reglement de la Douma d’Etat prévoit la
création des groupes parlementaires. Aussi, les députés
deviennent-ils les défenseurs des intérets politiques de leurs
électeurs. Par contre, les membres du Conseil de la Fédération
représentent les intérets de l’ensemble de la population de chacun
des sujets de la Fédération. Cela permet a l’Assemblée fédérale
d’avoir une approche d’ensemble de chaque projet de loi fédérale
qu’elle délibere. Le projet de loi est analysé non seulement du
point de vue de la majorité des députés, membres d’un groupe
parlementaire mais aussi du point de vue de son opportunité pour
chaque région de la Russie.
L’impossibilité de
dissoudre la chambre haute ainsi que le mandat fixe de quatre ans
des députés et le renouvellement progressif des membres du Conseil
de la Fédération en fonction des élections communales dans les pays
membres de la Fédération permettent a l’Assemblée Fédérale de
présenter une certaine stabilité et d’assurer la continuité, ce qui
augmente l’efficacité des deux chambres.
Pour un pays aussi
vaste et multinational que la Russie, le systeme bicaméral a
toujours été plus efficace du fait qu’il assure plus de stabilité au
parlement ainsi qu’a l’ensemble des pouvoirs publics. En meme temps,
il permet de rapprocher au maximum du centre fédéral les problemes
et les intérets des régions. Une pareille approche a caractérisé
également l’époque soviétique de l’Etat russe.
République fédérale d’Allemagne
La décision de créer
un systeme bicaméral en RFA en 1949 peut etre mieux comprise en
regardant de plus pres l’histoire allemande.
A la fin du XVIIIeme
siecle, lorsque les puissances européennes les plus importantes
telles que la France et l’Angleterre étaient déja des Etats-nations,
l’Europe centrale offrait une mosaique de différents territoires
allemands. L’Allemagne devint un Etat-nation tres tard, lorsque
l’Empire fut fondé en 1871. Jusqu’alors la vie politique et
culturelle allemande s’était épanouie dans de nombreux territoires
souverains parmi lesquels la Prusse et la Baviere devinrent les plus
grands. Les Constitutions de l’Empire (1871 - 1918) et ensuite de la
République de Weimar (1919 - 1933) ont reflété cette évolution
historique et ont accordé aux Etats allemands des compétences
communes. Ceci a mené des 1871 a la création d´un systeme bicaméral.
Aux côtés du Reichstag, premiere chambre, le prédécesseur de
l’actuel Bundesrat comptait des membres qui n´étaient pas
directement élus, mais généralement nommés par les gouvernements des
Etats de l’Empire. La structure fédérale de l’Allemagne a été
liquidée pendant la période du national-socialisme (1933-1945), un
Etat centralisé a été créé et les représentations parlementaires des
différents Länder ont été dissoutes.
Avec le soutien des
puissances alliées, l’expérience de la période de la dictature a
mené au rétablissement d’un systeme fédéral, tout d’abord en
Allemagne de l’Ouest. Les Länder ont acquis une position plus forte
avec l’objectif de mettre en ouvre les principes démocratiques et de
droit constitutionnel a tous les niveaux et de garantir le pays
contre toute expérience totalitaire. Cette décision a été justifiée
par le fait que suite a l’effondrement en 1945 de la dictature
d’Hitler, la vie nationale et politique s’est d’abord développée au
niveau des Länder lesquels connurent une restructuration rapide.
Avec la Loi
fondamentale allemande entrée en vigueur le 23 mai 1949, la
République fédérale d’Allemagne a été établie comme Etat fédéral.
Lors de consultations détaillées et intenses, le Conseil
parlementaire préparant la Constitution au cours des années 1948 et
1949 a soigneusement pesé la question de savoir si la participation
des Länder devait etre structurée au sein d’un second organe
parlementaire a côté du Bundestag. Parmi les modeles proposés, il y
avait celui du Sénat des Etats-Unis d’Amérique, dont les membres
sont élus. Finalement, une large majorité préféra la forme allemande
traditionnelle d’une seconde chambre, soit le Conseil fédéral ou
Bundesrat, dont les membres sont mandatés par les gouvernements de
leurs Länder respectifs. Le motif principal était que ce systeme -
en plus de la répartition horizontale classique entre les pouvoirs
législatif, exécutif et judiciaire - impliquait également une
nouvelle division verticale du pouvoir politique entre la fédération
et les Etats fédérés et que cette double division du pouvoir était
considérée comme un moyen efficace de prévention des abus.
Cette décision et la
justification d’un systeme bicaméral en Allemagne restent valables
et largement acceptées par la majorité de la population allemande.
Toutefois des débats ont lieu en Allemagne ayant pour objectif de
réformer le systeme fédéral et de réexaminer le rôle et
particulierement les compétences du Bundesrat. Selon la plupart des
critiques, le Bundesrat serait devenu trop puissant et le nombre des
projets de loi nécessitant l’approbation de la seconde chambre
appellerait a la réduction. En effet, le Bundesrat risquerait de
bloquer d’importants projets législatifs.
Espagne
Aux termes de la
Constitution de 1978, l’Espagne constitue un Etat largement
décentralisé ou une autonomie politique est accordée aux
collectivités territoriales. Ainsi, une seconde chambre a été créée,
appelée Senado, selon l’article 69.1 de la Constitution espagnole,
définissant le Sénat comme chambre de représentation territoriale.
Cette situation est toujours en vigueur actuellement.
Suisse
La Constitution des
Etats-Unis a servi d’exemple au systeme bicaméral suisse. Principe
de base du fédéralisme: équilibre et pondération entre les cantons a
forte et a faible population, entre les petits et les grands
cantons. Cette situation est garantie par le maintien d’une égalité
entre les deux chambres.
Belgique
L’article 42 de la
Constitution dispose que: « Les membres des deux Chambres
représentent la Nation, et non uniquement ceux qui les ont élus
». Les sénateurs, meme s’ils ne doivent leur légitimité qu’a une
partie des citoyens, sont, aux termes de la Constitution, les
représentants de tous. C’est a ce titre qu’ils participent aux
délibérations de leur assemblée. L’ensemble des sénateurs, majorité
et opposition, ont qualité de parler et d’agir au nom de la Nation.
Ce principe s’applique a tous les membres du Sénat, quel que soit
leur mode de désignation.
Le principe de la
représentation nationale doit toutefois etre quelque peu nuancé. La
composition actuelle du Sénat est hybride et témoigne de la volonté
d’assurer, en partie du moins, une représentation des collectivités
fédérées.
Le Sénat compte vingt
et un sénateurs désignés par les Parlements de communauté. Selon la
logique fédérale, ces sénateurs représentent au sein du Parlement
fédéral les trois communautés du pays, la communauté flamande, la
communauté française et la communauté germanophone. Ces sénateurs
restent membres du Parlement qui les a désignés et exercent par
conséquent un double mandat, en siégeant a la fois au niveau fédéral
et a celui des collectivités fédérées. Seules les communautés sont,
en tant que telles, représentées au Sénat. Les autres collectivités
politiques fédérées, la région flamande, la région wallonne et la
région de Bruxelles-Capitale, n’y sont pas représentées. Par
ailleurs, les sénateurs de communauté n’exercent pas un mandat
impératif et ils ne peuvent etre révoqués par leur Parlement
d’origine.
L’élection des
quarante sénateurs élus directement est, dans une certaine mesure,
caractérisée par ce meme souci d’une représentation communautaire.
En effet, les électeurs sont regroupés dans deux colleges
électoraux, le college français, auquel appartiennent les électeurs
de la circonscription wallonne, et qui élit quinze sénateurs, et le
college néerlandais, regroupant les électeurs de la circonscription
flamande, qui lui élit vingt-cinq sénateurs. Les électeurs de la
circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde choisissent en votant le
college dont ils font partie. Les sénateurs élus directement
jouissent donc d’une légitimité tres grande puisqu’ils sont élus par
l’ensemble de leur communauté.
Enfin, un dernier
aspect de la représentation communautaire mérite d’etre souligné. Le
Sénat se répartit en deux groupes linguistiques. L’ensemble des
sénateurs néerlandophones forment le groupe linguistique
néerlandais, tandis que tous les sénateurs francophones forment le
groupe linguistique français. Cette répartition en groupes
linguistiques est importante. En effet, certaines lois, dites ‘a
majorité spéciale’, requierent, outre une majorité des deux tiers au
total, une majorité au sein de chaque groupe linguistique. Pour le
vote de ces lois, on peut donc considérer que les sénateurs
représentent autant les intérets de leur communauté que ceux de la
Nation.
Le sénateur désigné
par le Conseil de la communauté germanophone ne fait partie d’aucun
groupe linguistique.
République tcheque
Les sénateurs
représentent les citoyens, ou plutôt selon la Constitution, le
peuple entier. De fait, ils se sentent surtout etre les
représentants des citoyens de leur circonscription; il y a 81
circonscriptions au total, chacune compte environ 120 000
habitants.
France
Selon la
Constitution, le Sénat représente « les collectivités territoriales
de la République ». Toutes les collectivités territoriales
(communes, départements, régions) participent a son élection.
Cependant, dans le college qui élit le Sénat, les représentants des
communes sont beaucoup plus nombreux que les représentants des
départements et des régions.
Italie P
ALIGN="JUSTIFY"> Selon l’article 57
de la Constitution italienne le Sénat de la République est élu sur
une base régionale, bien que cela ne comporte pas de limite dans la
représentation. Selon l’article 67, chaque membre du Parlement -
composé de la Chambre des députés et du Sénat de la République -
représente la nation et exécute ses tâches sans contrainte du
mandat. Un sénateur représente la nation dans son entier, exactement
comme le député.
Luxembourg
Le Conseil d’Etat
n’est pas une institution représentant des intérets politiques,
territoriaux, professionnels ou autres. Les membres du Conseil
d’Etat sont nommés et démissionnés par le Grand-Duc, ils ne sont pas
élus par le peuple.
Lorsqu’il s’agit de
pourvoir a la vacance d’un siege, le remplacement se fait
alternativement et dans l’ordre suivant:
- par nomination directe du Grand-Duc,
- par nomination d’un des trois candidats présentés par la
Chambre des députés,
- par nomination d’un des trois candidats présentés par le
Conseil d’Etat.
Par dérogation a ces
regles, les membres de la Famille régnante sont toujours désignés
par nomination directe du Grand-Duc.
En pratique, la
composition du Conseil d’Etat tient compte dans une certaine mesure
de la représentation des partis politiques au sein du Parlement,
mais avant tout de la diversité des qualifications et expériences
professionnelles des conseillers. Ainsi, le Conseil d’Etat compte
parmi ses membres, a côté d’un certain nombre de hauts
fonctionnaires et de magistrats, des personnalités issues du secteur
privé, sans toutefois représenter des groupements
d’intérets.
Pologne
Les sénateurs élus
(100) représentent les électeurs (citoyens) résidant dans 16
provinces qui sont réparties en circonscriptions électorales. De
deux a quatre sénateurs sont élus dans chaque circonscription.
Ainsi, les sénateurs représentent les provinces aussi bien que leurs
parties. Toutefois, sur le plan constitutionnel (art. 104 de la
Constitution en convergence avec l’art. 108), les sénateurs sont «
des représentants de la Nation ». Les élections au Sénat sont
caractérisées par trois adjectifs: universelles - chaque citoyen a
le droit participer activement et passivement aux élections;
directes - chaque citoyen vote pour un candidat particulier en
personne et directement; et secretes - ce qui garantit un vote
libre, sur et sans entraves.
En vertu de ces
principes de la Loi sur les élections au Sejm et au Sénat de la
République de Pologne, un systeme majoritaire a été adopté pour les
élections sénatoriales. Sont élus les candidats ayant obtenu le
maximum de suffrages.
Autriche
Selon l’art. 34,
alinéa 1 de la Constitution fédérale autrichienne, les provinces
fédérales sont représentées au Conseil fédéral proportionnellement
au nombre d’habitants dans chaque province fédérale.
République de Slovénie
Le Conseil national
est en accord avec la Constitution le représentant des groupes
d’intéret sociaux, économiques, professionnels et locaux. Le Conseil
national de quarante membres comprend 22 représentants des intérets
locaux, six représentants des activités a but non lucratif (santé,
science, éducation, sécurité sociale, etc.), 4 représentants des
employeurs, 4 des employés et 4 représentants des agriculteurs, des
métiers et des professions libérales (les agriculteurs disposent de
deux représentants).
Roumanie
Le Sénat représente
les citoyens roumains.
Russie
Au terme de la
législation fédérale, le Conseil de la Fédération regroupe les
représentants des sujets de la Fédération a raison d’un représentant
de l’organe représentatif (assemblée territoriale) et d’un
représentant de l’organe exécutif de chaque sujet de la Fédération
de Russie. Aussi, les membres du Conseil de la Fédération
représentent-ils la Fédération dans son ensemble et défendent ses
intérets en général.
République fédérale d’Allemagne
Le Bundesrat
représente les intérets des 16 Länder ou Etats allemands au niveau
fédéral et, indirectement, au niveau de l’Union européenne. Les
Länder nomment des membres de leurs gouvernements comme membres du
Bundesrat, assurant ainsi une participation directe des différents
gouvernements des Etats fédérés dans la prise de décision des l’Etat
fédéral.
Espagne
Les citoyens élisent
208 des 259 sénateurs (articles 69.2, 3 et 4 de la Constitution
espagnole). Les autres membres du Sénat, au nombre de 51
actuellement, sont désignés par les parlements des communautés
autonomes.
Suisse
Le Conseil des Etats
représente les cantons et leur population.
République tcheque
Les expériences peu
couronnées de succes du parlement bicaméral de la Tchécoslovaquie de
l’entre-deux-guerres ont débouché sur la conviction généralement
partagée de la nécessité d’assurer une composition différente des
chambres comme pré-condition d’un accomplissement réussi de leurs
rôles. Les différences devaient etre atteintes par la
différenciation du systeme électoral, du droit de vote passif, de la
durée du mandat, du mode de renouvellement (la Chambre des députés
dans son intégrité, le Sénat partiellement) et l’impossibilité de
dissoudre le Sénat. Dans la pratique la différenciation des dates
des élections s’est ajoutée a cela (la Chambre des députés en juin,
le Sénat en octobre - novembre).
Le débat sur la
différenciation de la représentativité des chambres ne s’est guere
développé. Le Sénat comme représentant des régions a été refusé
notamment du fait de la déliquescence de l’Etat fédéral; des
craintes existaient quant au risque de voir survenir des processus
similaires en République tcheque.
France
En 1875, les
constituants ont voulu donner a la seconde chambre une base
démocratique, afin qu’elle ait une légitimité suffisante pour jouer
le rôle d’un contrepoids face a la premiere chambre; en meme temps,
ils ont considéré que, si la seconde chambre avait le meme mode
d’élection que la premiere chambre (suffrage universel direct), elle
ne pourrait pas jouer le rôle modérateur qui lui était attribué.
C’est pourquoi ils ont choisi la solution du suffrage indirect, ou
le Sénat est élu par des représentants des pouvoirs locaux.
Italie
Etant donné que dans
le systeme républicain en Italie, la légitimation des deux chambres
du Parlement dérive directement du peuple, il a été argumenté qu’il
n’y existait pas de raison pour une différenciation de leurs rôles
respectifs, leur composition étant pratiquement identique. Les
chambres ont donc les memes fonctions et les memes pouvoirs.
L’avantage d’un tel bicamérisme était de permettre une consultation
multiple sur les projets de loi. La présence de deux chambres avec
les memes pouvoirs et fonctions a été positivement considérée aussi
pour son effet modérateur. La double lecture des projets de loi
permettait aux divers acteurs au niveau parlementaire de mieux
examiner leurs positions et, ainsi, d’arriver a des solutions
optimales, améliorant ainsi la qualité de la législation.
Pologne
Un débat se déroule
parmi les experts constitutionnels, les politologues, les historiens
du droit et bien entendu les hommes politiques eux-memes a propos
d’une possible réforme de la chambre haute ou du bicamérisme - en
d’autres termes sur le rôle, les tâches et la gamme de compétences
des deux chambres dans la formation de la réalité politique et
économique de l’Etat. Comme nous l’avons déja souligné, des
discussions ultérieures, en particulier celles qui ont eu lieu au
milieu des années 90, comprenaient des propositions sur la
constitution d´une Chambre de l´autonomie censée « représenter
les collectivités territoriales ». Il existait aussi «
d’autres propositions en faveur de la représentation d’autres types
d’autonomies, telles que les corps autonomes professionnels ».
D’autres suggestions appelaient a « un Sénat qui combinerait une
chambre politique, une chambre de l’autonomie et une chambre
représentant les collectivités territoriales et les corps
professionnels autonomes, comme les institutions scientifiques, les
établissements d´éducation supérieure et les associations
culturelles ». Tous ces débats avaient et contineuent a avoir un
caractere politique. Ils se reproduisent a l’occasion des élections
parlementaires. C’est la que le theme de l’existence ou de la
non-existence du Sénat revient. Toutefois, une tendance perceptible
récente est apparue de ne plus remettre en question la seconde
chambre, mais plutôt de se concentrer sur ce que la seconde chambre
devrait représenter.
Autriche
Au cours des débats
sur la Constitution fédérale autrichienne, les avantages d’une
différenciation des titres de représentation des chambres
parlementaires ont été discutés. En plus de la question fédéraliste,
le probleme de la représentation des intérets économiques a
également été introduit dans le débat, mais n’a pas joué de rôle
important.
République de Slovénie
Les nombreux points
équivoques concernant le statut du Conseil national et son rapport
avec l’Assemblée nationale proviennent de deux faits: immédiatement
avant son entrée en vigueur, la Constitution a été complétée par
l’institution du Conseil national; certains changements ont aussi
été apportés concernant la composition et les compétences du Conseil
national. Cet organe était potentiellement toujours présent dans la
structure formelle du texte constitutionnel, mais il n’a alors
jamais été pris en compte comme une véritable option, car les partis
parlementaires se fondaient sur deux conceptions: certains étaient
en faveur d’un systeme purement monocaméral alors que d’autres
argumentaient en faveur d’un systeme bicaméral avec une
représentation régionale et des compétences limitées dans le cadre
de la chambre haute. Le Conseil national était pour ainsi dire un
compromis entre ces deux options, bien que les partisans de la
représentation régionale directe aient imposé l’augmentation du
nombre des représentants des intérets locaux. La représentation de
différents intérets au Conseil national était a l’origine envisagée
de façon a ce qu’aucun groupe d’intéret ne puisse représenter une
majorité numérique.
Roumanie
Les theses pour
l’élaboration du projet de la nouvelle Constitution, adoptée en 1991
par référendum national, avaient initialement prévu une certaine
spécialisation des deux chambres; par exemple, la Chambre des
députés adopterait le budget, les motions de censure, approuverait
la structure et le programme du Gouvernement etc., tandis que le
Sénat ratifierait les traités, nommerait le médiateur de la
République, le directeur du Service roumain de Renseignements. Mais,
au cours des débats parlementaires, l’idée de créer une telle
spécialisation a été abandonnée. Il ne s’agissait pas d’une
différenciation du point de vue de leur représentativité, mais de la
maniere dont elles seraient constituées et de leurs
compétences.
Russie
Des le début, on a
prévu différents modes de composition pour les deux chambres du
parlement.
Les débats
préliminaires sur le mode d’élection des députés de la Douma d’Etat
ont concerné la question du choix du mode de scrutin: majoritaire,
proportionnel ou mixte. Pour cette dernieres option, quel devrait
etre le pourcentage des députés élus dans les circonscriptions
fédérales (scrutin de liste) par rapport a ceux élus dans les
circonscriptions au scrutin uninominal (scrutin majoritaire).
Quant au mode de
constitution du Conseil de la Fédération, il n’a pas été défini par
la Constitution de la Fédération de Russie. Les débats a ce sujet se
poursuivent jusqu’a présent. Au cours des quelques dix années de
fonctionnement du parlement russe, ont déja été essayés trois modes
de composition de sa chambre haute:
- élection des membres du Conseil de la Fédération au scrutin
majoritaire;
- intégration d’office Conseil de la Fédération des chefs du
pouvoir exécutifs et des présidents des collectivités
territoriales (ou de leurs chambres) des sujets de la Fédération;
- nomination des membres du Conseil de la Fédération par les
organes du pouvoir représentatif et exécutif des sujets de la
Fédération.
République fédérale d’Allemagne
La décision d’avoir
une composition différente du Bundesrat ou les membres sont nommés
par les gouvernements des Etats, par rapport au Bundestag ou les
députés sont directement élus a été avant tout fondée sur une
évolution historique en Allemagne (voir la question 1 ci-dessus). En
outre, le systeme actuel garantit que le Bundesrat est a la fois un
contrepoids efficace au Bundestag et au gouvernement fédéral et un
lien entre le gouvernement fédéral et les gouvernements des Länder.
Il assure que l’expérience politique et administrative des Länder
trouve son expression dans la législation et l’administration de la
fédération.
Espagne
La motivation
sous-tendant ce systeme bicaméral réside dans le caractere
représentatif différent de chaque chambre: le Congreso de los
Diputados, le Congres, représente les citoyens dans leur
ensemble, tandis que le Sénat est la chambre de la représentation
territoriale. Néanmoins, la formulation ouverte de la Constitution
de 1978 sur la distribution territoriale du pouvoir rend difficile
une définition exacte de la représentation territoriale du
Sénat.
Suisse
C’est délibérément
que la composition du Conseil des Etats (CE) est différente, et
c’est tout aussi délibérément que les deux Chambres jouissent des
memes compétences.
Belgique
Le nombre de membres
du Parlement fédéral est fixé dans la Constitution (art. 63, § 1er,
et art. 67, § 1er). La Chambre des représentants se compose de cent
cinquante députés élus directement dans onze circonscriptions
électorales. Un seuil d’éligibilité de 5% est d’application.
Le Sénat compte
soixante et onze membres élus qui se répartissent en trois
catégories. Quarante sénateurs sont élus directement dans trois
circonscriptions électorales; la circonscription flamande, la
circonscription wallonne et la circonscription bilingue de
Bruxelles-Hal-Vilvorde. Un seuil d’éligibilité de 5% est requis.
Outre les quarante élus directs, le Sénat réunit également vingt et
un sénateurs, désignés par les trois Parlements de communauté en
leur sein, dix par le Parlement flamand, dix par le Parlement de la
communauté française et un par le Conseil de la communauté
germanophone. Enfin, le Sénat comprend dix sénateurs cooptés: six
sont désignés par l’ensemble des autres sénateurs néerlandophones,
et quatre par les sénateurs francophones.
Les députés et les
sénateurs sont élus selon le principe de la représentation
proportionnelle (systeme D’Hondt).
Pour etre complet, il
y a lieu de préciser que les enfants du Roi ou, a défaut, les
descendants belges de la branche de la famille royale appelée a
régner, sont sénateurs de droit a l’âge de dix-huit ans. Dans la
pratique, ils s’abstiennent de toute activité politique.
Le droit de vote est
réservé aux citoyens âgés de dix-huit ans révolus. En Belgique, le
vote est obligatoire.
Pour etre élu député
ou sénateur, il faut etre Belge, jouir des droits civils et
politiques, etre âgé de vingt et un ans révolus et etre domicilié en
Belgique. Il s’agit d’une énumération limitative: aucune autre
condition d’éligibilité ne peut etre requise.
Les membres de la
Chambre et du Sénat sont élus pour quatre ans. La Chambre des
représentants et le Sénat sont renouvelés intégralement. L’élection
des quarante sénateurs élus directement coincide avec l’élection
pour la Chambre des représentants.
La Constitution
prévoit la possibilité d’une dissolution anticipée de la Chambre des
représentants a l’initiative du Roi, en cas de crise politique. La
Chambre est en effet seule compétente en matiere de contrôle
politique du Gouvernement. La dissolution de la Chambre des
représentants entraîne la dissolution du Sénat.
Par ailleurs, les
deux Chambres sont automatiquement dissoutes lorsque le pouvoir
législatif adopte une déclaration de révision de la Constitution.
Dans la pratique, ce mode de dissolution est devenu la regle, la
Belgique s’étant engagée dans un processus de réforme
institutionnelle permanent.
République tcheque
Les deux chambres du
Parlement de la République tcheque sont élues lors d’élections
directes, générales et a bulletins secrets, sur la base de l’égalité
des votes. La Chambre des députés est élue selon les principes de la
représentation proportionnelle, ce qui signifie concretement
l’élection de 200 députés dans 14 régions selon la méthode D’Hondt
de répartition des votes entre les mandats. Les 81 sénateurs sont
élus dans des circonscriptions a mandat unique a la majorité
absolue: le candidat remportant plus des 50 % des votes est élu au
premier tour, sans quoi un second tour a lieu, auquel accedent les
deux candidats en tete; celui qui remporte la majorité des votes
remporte l’élection.
Tous les
parlementaires tcheques sont élus. Il faut remonter a 1920 pour
trouver des débats autour de l’idée de voir une partie de la seconde
chambre constituée par nomination. Dans l’atmosphere
post-révolutionnaire de l’époque, celle-ci fut toutefois rejetée
comme peu démocratique. Lors de la préparation de la Constitution en
1992, le gouvernement souhaitait voir attribuer le mandat de
sénateur aux Présidents des offices de district. Ces dernieres
années certains avancent que les hejtmans (Présidents des Conseils
régionaux – le pays compte 14 régions) pourraient etre nommés
sénateurs.
Le droit de vote
actif pour les deux chambres est identique: il nécessite d’etre
citoyen tcheque et d’avoir atteint l’âge légal de 18 ans. Les
conditions de son application different: on peut voter pour la
Chambre des députés également dans les ambassades a l’étranger, mais
uniquement sur le territoire national dans le cas des
sénatoriales.
Le droit de vote
passif est différencié par la limite d’âge: pour les députés il
suffit d’avoir atteint l’âge de 21 ans, dans le cas des sénateurs il
faut avoir 40 ans.
Les députés sont au
nombre de 200, les sénateurs 81. Le nombre est fixé par la
Constitution, dans le cas du Sénat il peut varier du fait de
l’interruption de mandats en cours de la législature (démission,
déces) ou d’une élection partielle.
La Chambre des
députés est réélue intégralement tous les quatre ans, si elle n’a
pas été dissoute auparavant (ce qui est toutefois tres difficile);
la discontinuité s’applique entre les législatures. Le Sénat est
réélu par tiers (27 sénateurs) tous les deux ans. Cette période de
deux ans, appelée période de fonction, est en outre retenue pour la
désignation des fonctionnaires du Sénat ainsi que des membres des
organes du Sénat (discontinuité personnelle). Toutefois, le Sénat
exerce ses compétences sans interruption, c’est-a-dire qu’il
continue a considérer les projets de loi, les traités
internationaux, etc. sans considération pour les échéances
électorales.
Alors que la Chambre
des députés est élue pour 4 ans, la session du Sénat est considérée
comme permanente, c’est-a-dire ininterrompue depuis son début en
décembre 1996. Les chambres sont constituées indépendamment, ni les
élections régulieres ni la dissolution de la Chambre des députés
n’affectant l’existence du Sénat. La pratique depuis 1996 veille en
outre a la différenciation des dates des élections, les élections a
la Chambre des députés ayant lieu en juin, a la différence des
élections sénatoriales qui ont lieu en octobre-novembre.
Seule la Chambre des
députés peut etre dissoute.
France
L’Assemblée nationale
est élue au scrutin uninominal (577 circonscriptions), majoritaire a
deux tours. Le Sénat est élu au suffrage indirect. La
circonscription est le département. Le nombre de sénateurs par
département dépend de la population (le département le moins peuplé
a 1 sénateur, le plus peuplé en a 12). Le scrutin est proportionnel
dans les départements qui élisent quatre sénateurs ou plus; dans les
départements qui élisent trois sénateurs ou moins, le scrutin est
majoritaire a deux tours. Le corps électoral du Sénat est composé,
dans le cadre de chaque département:
- de représentants des communes (le nombre de représentants
dépend de la population de la commune);
- des membres de l’assemblée départementale;
- des membres de l’assemblée régionale représentant le
département au sein de celle-ci;
- des députés nationaux qui ont été élus dans le département.
Les représentants des
communes forment plus des neuf-dixiemes du corps électoral.
Il n’existe pas de
sénateurs nommés ou de sénateurs a vie.
Comme indiqué
ci-dessus, le suffrage est direct pour l’Assemblée nationale,
indirect pour le Sénat. Pour etre élu député, il faut etre âgé d’au
moins 23 ans. Pour etre sénateur, il faut etre âgé d’au moins 30
ans.
Il y a 577 députés
et, aujourd’hui, 321 sénateurs. Ce nombre est fixé par la loi. Une
loi vient d’etre adoptée qui portera progressivement le nombre des
sénateurs de 321 a 346 entre 2004 et 2010.
Les députés sont élus
pour cinq ans. En application d’une loi qui vient d’etre adoptée,
les sénateurs sont élus pour six ans; le Sénat se renouvelle par
moitié tous les trois ans (jusqu’a présent, les sénateurs étaient
élus pour neuf ans et le renouvellement se faisait par tiers tous
les trois ans; la nouvelle loi prévoit des dispositions
transitoires).
L’Assemblée nationale
peut etre dissoute. Le Sénat ne peut etre dissous.
Italie
On peut dire que dans
le bicamérisme italien, il n’existe pas de différence notable entre
les deux chambres du Parlement, que ce soit dans la structure ou
dans les fonctions. Comme il a été mentionné plus haut, les deux
chambres du Parlement italien sont essentiellement fondées sur le
meme type de mandat représentatif et exercent les memes
pouvoirs.
La Constitution
définit la durée de mandats des deux chambres pour 5 ans. Comme
elles sont absolument égales, leurs élections ont lieu
simultanément. Le nombre des membres du Parlement est défini
directement dans la Constitution.
La Chambre des
députés a 630 membres, dont 475 (75 %) sont élus dans des
circonscriptions uninominales (scrutin majoritaire). Les 155
restants (25%) sont élus dans des circonscriptions a scrutin
proportionnel. La répartition des sieges entre les circonscriptions
électorales, a l’exception du nombre des sieges assigné a la
Circonscription d’outre-mer, est obtenue par la division du nombre
des habitants de la République comme indiqué lors du dernier
recensement général de la population par 618 et par répartition des
sieges proportionnellement a la population de chaque circonscription
électorale, sur la base de quotients entiers et des restes les plus
élevés.
Sur les 315 membres
élus du Sénat, 232 (75%) sont élus au scrutin majoritaire, 83 (25%)
au scrutin proportionnel. En dépit de ce dualisme, les électeurs ont
un seul bulletin de vote, ce qui concerne aussi bien l’allocation
des sieges majoritaires et proportionnels. En effet, les candidats
aux deux types de sieges sont les memes. Les sieges de
représentation proportionnels sont alloués aux ´meilleurs perdants´
dans les circonscriptions uninominales. Pour la Chambre des députés,
chaque électeur a deux bulletins et peut exprimer deux votes. Un
vote est destiné a la sélection des candidats dans les
circonscriptions uninominales, le second va aux listes de candidats
des partis pour l’allocation des sieges a la représentation
proportionnelle au niveau de la circonscription.
Théoriquement, cela
pourrait permettre des majorités différentes a la Chambre des
députés et au Sénat. En fait, cela ne s’est pas produit bien que la
composition des groupes parlementaires dans les deux chambres ne
soit pas exactement identique.
Concernant le Sénat
en particulier, l’article 57 de la Constitution italienne stipule
que: « Le Sénat de la République est élu sur une base régionale,
a l’exception des sieges réservés a la Circonscription
d’outre-mer». Le nombre des sénateurs a élire est de 315, dont
six sont élus dans la Circonscription d’outre-mer. Aucune région ne
peut avoir moins de sept sénateurs; le Molise aura deux sénateurs,
le Val d’Aoste un. La répartition des sieges entre les régions a
l’exception des sieges réservés a la Circonscription d’outre-mer est
effectuée proportionnellement a la population des régions relevée
lors du dernier recensement général de la population sur la base de
quotients entiers et des restes les plus élevés. Il y a actuellement
20 circonscriptions régionales plus la Circonscription d’outre-mer.
Dans deux régions, a savoir le Molise et le Val d’Aoste, seuls les
représentants au scrutin majoritaire sont élus dans les
circonscriptions uninominales en raison de la faible population dans
ces régions.
Il peut y avoir
quelques sénateurs (5 au minimum, en plus des 315) nommés a vie par
le Président de la République en raison de leurs aptitudes
particulieres, choisis parmi les citoyens qui ont honoré le pays par
leurs succes exceptionnels dans les domaines sociaux, scientifiques,
artistiques et littéraires. En outre, chaque Président de la
République devient de droit sénateur a vie au terme de son mandat.
Ainsi, le Sénat peut compter - et compte d’ordinaire - plus de 315
membres.
En dépit de l’égalité
parfaite des deux chambres concernant leurs fonctions et la
représentation politique qu’elles refletent, il y a plusieurs
différences quant a leur électorat. Tous les citoyens italiens ayant
atteint l’âge de 18 ans ont le droit de vote lors des élections
législatives a la Chambre des députés. Tous les électeurs ayant
atteint l’âge de 25 ans le jour des élections peuvent etre élus
députés. Concernant le Sénat, l’article 58 de la Constitution
stipule que: « Les sénateurs sont élus au suffrage direct et
universel par des électeurs qui ont atteint l´âge de 25 ans. Les
électeurs ayant atteint l´âge de 40 ans sont éligibles au
Sénat».
Le projet bicaméral
d’origine supposait une durée des mandats différente pour les deux
chambres (cinq ans pour la Chambre, six ans pour le Sénat), mais en
1963 ces durées des mandats ont été unifiées a cinq ans pour les
deux chambres, avec pour objectif concret de réduire les différences
dans leur composition politique qui pourraient résulter d’élections
séparées et de plus en plus distantes dans le temps.
Les chambres peuvent
etre dissoutes avant la fin de la législature par le Président de la
République, apres consultation des présidents des Chambres. Cela
arrive habituellement lorsque le gouvernement ne semble plus etre
soutenu dans une ou les deux chambres du Parlement. Selon l’article
88 de la Constitution, le Président de la République peut meme
décider de dissoudre une seule chambre. Cela est arrivé pendant les
trois premieres législatures suivant l’entrée en vigueur de la
Constitution républicaine. Lors de l’expiration du mandat des
députés, le Président a aussi dissous le Sénat, avec pour objectif
principal - selon les experts – d’organiser des élections
législatives completes, d’amoindrir les différences dans la
composition politique des chambres et d’éviter que les électeurs
aillent voter trop souvent: c’était selon certains experts
uniquement une question ´technique´, et non politique.
Luxembourg
Les députés de la
Chambre des députés sont élus directement sur la base du suffrage
universel, au scrutin de liste, suivant les regles de la
représentation proportionnelle, conformément au principe du plus
petit quotient électoral et suivant des regles déterminées par la
loi. Le pays est divisé en quatre circonscriptions électorales: les
circonscriptions Sud, Centre, Nord et Est (article 51 de la
Constitution).
Les conseillers
d’Etat sont nommés selon le systeme de rotation spécifié (art. 2,
alinéa 2) pour une période continue ou discontinue de 15 ans.
Pour etre élu député
ou nommé membre du Conseil d’Etat, il faut etre Luxembourgeois,
jouir des droits civils et politiques, résider dans le Grand-Duché.
Tandis que l’âge minimum de l’électorat passif est fixé a dix-huit
ans révolus, la condition d’âge pour pouvoir entrer au Conseil
d’Etat est de trente ans révolus. S’il n’existe pas de limite d’âge
pour les députés, la fonction de membre du Conseil d’Etat prend fin
au moment ou l’intéressé a atteint l’âge de soixante-douze ans.
Le mandat de député
est incompatible avec notamment les fonctions de membre du
Gouvernement, de membre du Conseil d’Etat, de magistrat de l’ordre
judiciaire, de membre de la Cour des comptes, de fonctionnaire et de
militaire de carriere en activité de service.
La fonction de membre
du Conseil d’Etat est compatible avec toute autre fonction et
profession, sauf avec la fonction de membre du Gouvernement et les
mandats de député, de membre d’une chambre professionnelle ou du
Conseil économique et social ainsi que les fonctions de magistrat de
la Cour administrative ou du tribunal administratif et d’agent du
Secrétariat du Conseil d’Etat.
Selon l’article 51 de
la Constitution, la Chambre des députés se compose de 60 députés.
Une loi votée en présence de trois quarts au moins des membres qui
composent la Chambre fixe le nombre des députés a élire dans chacune
des circonscriptions. Pour etre valable, cette loi doit recueillir
au moins deux tiers des suffrages.
Le Conseil d’Etat,
dont la composition est fixée par la loi du 12 juillet 1996 portant
sur l’organisation du Conseil d’Etat, comprend vingt et un
conseillers, dont onze au moins sont détenteurs du diplôme de
docteur en droit ou titulaires d’un grade étranger d’enseignement
supérieur en droit. Ce nombre ne comprend pas les membres de la
Famille régnante qui peuvent faire partie du Conseil d’Etat.
La Chambre des
députés est réélue intégralement. Le mandat de député est
renouvelable. Le mandat de conseiller d’Etat est non renouvelable
afin d’en garantir l’exercice en toute indépendance.
Les députés sont élus
pour cinq ans (cf. art. 56 de la Constitution), tandis que la
fonction des conseillers d’Etat prend en principe fin apres une
période de 15 ans a partir du jour de leurs nominations respectives.
Il n’existe des lors pas de lien direct entre la constitution des
deux institutions.
Tant la Chambre des
députés que le Conseil d’Etat peuvent etre dissous par le Grand-Duc
et cela aussi de maniere séparée. Depuis sa création, la Chambre a
été dissoute a trois reprises, toujours pour des motifs politiques,
tandis que la seule dissolution dans l’histoire du Conseil d’Etat
remonte a 1945 et résultait des événements de la guerre.
Pologne
L’article 95 de la
Constitution polonaise stipule que le « pouvoir législatif de la
République de Pologne sera exercé par le Sejm et le Sénat ». Les
deux chambres sont indépendantes par rapport aux autres
institutions, ce qui découle du principe fondamental de la division
des pouvoirs entre les trois branches du gouvernement. Le Sejm,
comme le Sénat, n’a pas de position dominante par rapport a d’autres
organes de l’Etat, ce qui découle du principe de l’équilibre du
pouvoir entre les branches législatives, exécutives et judiciaires
du gouvernement.
Le mode
d’organisation des élections au Sejm et au Sénat est ancré avant
tout dans les dispositions constitutionnelles et décrit dans le
détail dans la Loi sur les élections au Sejm et au Sénat de la
République de Pologne.
Les élections au Sejm
sont caractérisées par cinq adjectifs: universelles, égalitaires,
directes, secretes et proportionnelles. Les électeurs choisissent
les partis politiques et dans un meme temps marquent d’une croix
leurs candidats favoris sur les listes des partis politiques. Comme
nous l’avons indiqué précédemment, les élections au Sénat sont
caractérisées par trois adjectifs: générales, directes et secretes.
Le systeme de vote majoritaire s’applique. Les votes sont attribués
a des candidats particuliers qui peuvent appartenir a différents
partis politiques.
Il n’existe pas
actuellement de disposition permettant de nommer des membres
méritants de la société au Sénat (des tentatives infructueuses en ce
sens ont émaillé les débats autour de la rédaction de la
Constitution de 1921). Les dispositions actuelles ne supposent pas
la possibilité de nommer des parlementaires.
L’article 62 de la
Constitution stipule que le droit d’élire le Président de la
République et les représentants au Sejm et au Sénat et les organes
des collectivités locales – c’est-a-dire le droit a une
participation active aux élections - est accordé aux citoyens
polonais qui ont atteint au plus tard le jour des élections l’âge de
18 ans. Cela signifie que la Constitution ne limite pas le droit de
participation active aux élections par une autre exigence que
l’âge.
Toutefois, alors que
la Constitution n’est pas restrictive concernant le droit a une
participation active aux élections au Sejm et au Sénat, elle prévoit
des conditions d’éligibilité. En vertu de l’article 99 de la
Constitution, « chaque citoyen polonais qui a le droit de vote et
qui a atteint l’âge de 21 ans au plus tard le jour du scrutin, sera
éligible au Sejm, et chaque citoyen polonais qui a le droit de vote
et a atteint l’âge de 30 ans au plus tard le jour du scrutin, sera
éligible au Sénat ».
Il existe par
ailleurs une exigence importante en vertu de laquelle les personnes
qui souhaitent profiter du droit d’éligibilité doivent résider en
Pologne depuis au moins cinq ans.
Le droit de voter et
d’etre élu lors des élections est refusé aux personnes qui ont
partiellement ou pleinement perdu leur capacité juridique par une
décision définitive d’une cour de justice en raison d’une maladie ou
d’un retard mental, qui ont été privées de leurs droits civils ou
qui par décision d’un Tribunal d’Etat sont privées du droit de
vote.
L’article 96 de la
Constitution stipule que le « Sejm sera composé de 460 députés
», alors que l’article 97 stipule que le « Sénat sera composé
de 100 sénateurs ». Ces dispositions constitutionnelles sont
confirmées dans les regles qui précisent les principes de la
préparation et de la conduite des élections parlementaires
(respectivement les articles 132 et 189 de la Loi sur les élections
au Sejm et au Sénat de la République de Pologne).
Le Sejm et le Sénat
sont tous les deux élus pour une période déterminée (la durée du
mandat des deux chambres est de 4 ans). Par conséquent, au cours de
la législature, la composition du parlement reste essentiellement
inchangée, avec les memes membres élus lors d’élections ayant eu
lieu en meme temps. Le mandat commence pour les deux chambres le
jour ou le Sejm se réunit pour sa premiere session et continue
jusqu’au jour précédant la session du Sejm de la nouvelle
législature. Cela élimine tout flottement entre les législatures et
assure le principe de continuité parlementaire.
La durée des mandats
du Sénat et du Sejm est identique. Les pouvoirs du Sénat expirent en
meme temps que ceux du Sejm. Cela s’applique a l’expiration d’un
mandat ordinaire (apres 4 ans) et a son abregement éventuel par
résolution du Sejm ou sur ordre du Président de la République.
En accord avec
l’article 98, section 3, de la Constitution, le Sejm peut abréger la
durée de son mandat par une résolution adoptée par une majorité des
deux tiers au minimum des votes du nombre statutaire des députés.
Ecourter le mandat du Sénat signifie aussi écourter celui du Sénat,
ainsi que la dissolution de ce dernier.
Le Président de la
République dispose aussi du pouvoir constitutionnel d’écourter la
durée du mandat des deux chambres. En vertu de l’article 98, section
4 de la Constitution, apres avoir demandé l’avis des présidents du
Sejm et du Sénat, le Président peut, dans les cas précisés dans la
Constitution, ordonner que soit abrégé la durée du mandat du Sejm.
Chaque fois que le mandat du Sejm a été abrégé, celui du Sénat l’a
été aussi.
Les motifs pour
lesquels le Président de la République peut exercer ce droit
sont:
- lorsqu’une motion de censure du Conseil des Ministres a été
adoptée (art. 155, section 2 de la Constitution);
- lorsque le projet de loi budgétaire n’a pas été adopté dans
les 4 mois apres sa soumission au Sejm (art. 225 de la
Constitution).
Autriche
Les principes
électoraux concernant le Conseil national sont établis par l’article
26 de la Constitution fédérale autrichienne. Selon l’art. 26, alinéa
1, le Conseil national est élu par le peuple a la représentation
proportionnelle sur la base du suffrage égal, direct, secret et
personnel exprimé par les hommes et les femmes ayant atteint l’âge
de 18 ans. Selon l’article 26, alinéa 2, la répartition des sieges
s’effectue a trois niveaux: ceux des circonscriptions régionales et
des circonscriptions provinciales et par la voie d´un équilibrage
proportionnel au niveau fédéral.
Selon l’art. 35 de la
Constitution fédérale, les membres du Conseil fédéral sont élus par
les Dietes provinciales pour la durée de leurs législatures
respectives en accord avec le principe de la représentation
proportionnelle, a ceci pres qu’un siege au moins doit revenir au
parti ayant le second nombre de sieges dans la Diete en
question.
Ni le Conseil
national ni le Conseil fédéral n’ont de membres nommés ou de
droit.
L’art. 95, 2eme
alinéa, prévoit que les reglements électoraux pour les élections des
dietes provinciales ne peuvent pas imposer des conditions plus
restrictives pour le vote et l’éligibilité que la Constitution
fédérale pour les élections au Conseil national (telles qu’énoncées
dans l’art. 26). Cela rend possible l’hypothese qu’elles soient
moins restrictives.
Le nombre de membres
du Conseil national (actuellement 183) est établi au premier alinéa
de la section 1 de la Loi électorale du Conseil national. Le nombre
des membres du Conseil fédéral (actuellement 62), en vertu de
l’article 34, 3eme alinéa, de la Constitution fédérale, est établi
apres chaque recensement général par le Président fédéral en accord
avec les dispositions de l’art. 34, second alinéa de la Constitution
fédérale: la province avec le plus grand nombre de citoyens délegue
12 membres au Conseil fédéral, chaque autre province autant que le
rapport du nombre de ses citoyens avec celui de la province
sus-mentionnée. Chaque province a toutefois le droit d’avoir au
moins 3 représentants.
Alors que le Conseil
national, en vertu du premier alinéa de l’article 27 de la
Constitution fédérale, est réélu dans son entier apres la fin de sa
législature, qui dure en principe 4 ans, le Conseil fédéral est
réélu partiellement apres chaque élection d’une Diete provinciale
(en accord avec les dispositions de l´article 35 1er alinéa de la
Constitution fédérale); voila pourquoi les durées des mandats des
membres du Conseil fédéral correspondant aux législatures des Dietes
provinciales n’ont pas de durée uniforme (en général 5 ans, mais 6
ans dans le cas de la province de Haute Autriche).
La législature du
Conseil national dure 4 ans (art. 27 alinéa 1 de la Constitution
fédérale), mais selon l’art. 29 le Conseil national peut etre
dissous, soit par le Président fédéral ou par une loi adoptée par le
Conseil national lui-meme. Le Conseil fédéral, du fait de son
renouvellement partiel, n’a pas de durée de mandat spécifique. Aussi
n’existe-t-il pas de lien avec la constitution de la premiere
chambre.
Selon l’article 29,
1er alinéa, de la Constitution fédérale, le Président fédéral peut
dissoudre le Conseil national, mais il ne peut le faire deux fois
pour le meme motif. Selon l’article 29, 2eme alinéa, le Conseil
national peut voter sa propre dissolution par une simple loi. En
revanche, la constitution n’offre pas la possibilité d’une
dissolution du Conseil fédéral.
République de Slovénie
Les deux chambres
different par leur nombre de membres, leur caractere représentatif,
leurs compétences, leur mode de composition (y compris le mode de
scrutin), la durée des mandats, les procédures de dissolution,
etc.
L’élection pour
l’Assemblée nationale s’effectue au suffrage direct et a la
proportionnelle. La répartition des mandats se fait en premier lieu
au niveau des circonscriptions ou le quotient de Droop est employé
alors que la méthode de D’Hondt est utilisée sur le plan
national.
Il n’y a pas de
membres nommés ni a l’Assemblée nationale ni au Conseil
national.
Tous les citoyens de
la République de Slovénie ayant atteint l’âge de 18 ans au jour de
l’élection et qui ne sont pas privés de la capacité légale de voter,
sont investis du droit de vote et d’éligibilité au Conseil national
ou a l’Assemblée nationale. Toutefois, les membres du Conseil
national ne sont pas élus sur la base d´un droit de vote général,
mais d’un droit de vote spécifique, déterminé par une loi
particuliere pour chaque groupe d´intéret, sur la base de
l’appartenance a un groupe d’intéret particulier ou a une
collectivité locale.
Sont habilitées a
voter et etre élues membres du Conseil national comme représentants
des employeurs, employés, agriculteurs, petits commerçants et
professions libérales et des activités non-lucratives (désignés
comme intérets fonctionnels), des personnes qui exercent ces
activités ou bien sont employées.
Les membres du
Conseil national appartenant a ces groupes d’intérets peuvent etre
élus par des étrangers selon les memes conditions que par les
citoyens slovenes, a savoir exercer l’une des activités en question
en Slovénie. Ceux-ci ne peuvent toutefois pas etre élus membres du
Conseil national.
Le nombre total
constitutionnellement défini des membres de l’Assemblée nationale
est de 90 et de 40 pour le Conseil national.
L’Assemblée nationale
et le Conseil national sont élus dans leur entier lors d’élections
générales.
La durée du mandat
pour l’Assemblée nationale est de 4 ans et de 5 ans pour le Conseil
national.
Le Président de la
République peut dissoudre l’Assemblée nationale en accord avec la
Constitution (articles 111 et 117), mais ne peut dissoudre le
Conseil national. Ainsi, il s’agit d’un corps représentatif
permanent qui n’exerce pas de compétences majeures en cas de
dissolution de l’Assemblée.
Roumanie
Conformément a la
Constitution et a la Loi électorale, la Chambre des députés et le
Sénat sont élus au suffrage universel, égal, direct, secret et
librement exprimé. Ainsi, les députés et les sénateurs sont élus
dans les circonscriptions électorales au scrutin de liste et de
candidatures indépendantes selon le principe de la représentation
proportionnelle.
Il n’existe pas de
membres nommés.
Les organisations des
citoyens appartenant aux minorités nationales, lesquelles ne
réunissent pas aux élections le nombre de voix nécessaire pour etre
représentées au Parlement, ont droit a un siege de député, dans les
conditions fixées par la Loi électorale. Cette derniere établit que,
au cas ou ces organisations n’ont pas obtenu aux élections au moins
un siege de député ou de sénateur, elles ont le droit, toutes
réunies, a un siege de député, a condition d’avoir obtenu, a
l’échelle nationale, un nombre de suffrages égal a 5% du nombre
moyen de suffrages valablement exprimés pour l’élection d'un
député.
Les amendements pour
la révision de la Constitution prévoient des modifications
substantielles dans la Loi électorale (en cours de négociation entre
les partis parlementaires). Si ces amendements sont approuvés, il
serait possible d’adopter le vote uninominal pour l’élection au
Sénat.
Conformément a la Loi
électorale en vigueur, il n’y a pas de différences entre les deux
chambres en ce qui concerne le droit de vote. Le Sénat a 140
sénateurs, tandis que la Chambre des députés a 342 députés. Le
nombre des députés et des sénateurs est établi par la Loi
électorale, proportionnellement a la population du pays. En
conformité avec la Loi électorale, le nombre de sénateurs et de
députés résulte du rapport entre le nombre d’habitants de chaque
circonscription électorale et les normes de représentation (pour le
Sénat, un sénateur a 160.000 habitants; pour la Chambre des députés,
un député a 70.000 habitants). Un siege de député ou de sénateur est
prévu pour le cas ou la norme de représentation serait dépassée,
alors que le nombre des députés ne doit pas etre inférieur a 4, et
celui des sénateurs a 2.
Au cas ou les
propositions de révision de la Constitution seraient adoptées, le
Gouvernement envisage des modifications essentielles de la Loi
électorale, visant, entre autres, la modification des normes de
représentation, afin que le nombre de parlementaires diminue
sensiblement.
Les Chambres sont
réélues intégralement. La Chambre des députés et le Sénat sont élus
pour un mandat de 4 ans, lequel peut etre prolongé par une loi
organique en cas de guerre ou de catastrophe. Les deux Chambres sont
élues a la meme date.
Aux termes de l’art.
89 de la Constitution, apres consultation des présidents des deux
chambres et des leaders des groupes parlementaires, le Président de
la Roumanie peut dissoudre le Parlement, si celui-ci n’a pas accordé
le vote de confiance pour la formation du Gouvernement dans un délai
de 60 jours a compter du premier vote et ce uniquement apres au
moins deux votes négatifs. Au cours d’une année, le Parlement peut
etre dissous une seule fois. Le Parlement ne peut etre dissous
pendant les six derniers mois du mandat du Président de la Roumanie,
ni lorsque l’état de siege ou l’état d’urgence sont instaurés.
Conformément au texte de la Constitution, il ne pourrait s’agir que
de la dissolution des deux Chambres, et non pas de la dissolution
d’une seule d’entre elles.
Russie
Actuellement, le
Conseil de la Fédération est constitué des représentants des sujets
de la Fédération a raison d’un représentant de l’organe
représentatif (assemblée territoriale) et d’un représentant de
l’organe exécutif de chaque sujet de la Fédération de Russie. Les
députés de la Douma d’Etat sont élus au scrutin majoritaire et
proportionnel: 50% d’eux sont élus dans les circonscriptions
fédérales (scrutin de liste) et 50% sont élus dans les
circonscriptions au scrutin uninominal.
Pendant la période
nommée “transitoire” par la Constitution de la Fédération de Russie
(1993-1995), les membres du Conseil de la Fédération ont été élus
pour 2 ans au scrutin majoritaire. Ils s’appelaient députés du
Conseil de la Fédération. De 1995 a 2001 les chefs du pouvoir
exécutif et les présidents des assemblées territoriales (ou de l’une
de leurs chambres) des Sujets de la Fédération devenaient d’office
membres du Conseil de la Fédération. Actuellement, les membres du
Conseil de la Fédération sont nommés par décision des organes du
pouvoir représentatif et exécutif des Sujets de la Fédération pour
la période de leurs mandats. Pourtant, un membre du Conseil de la
Fédération ainsi nommé peut etre a tout moment révoqué par une
décision des organes mandants. Il n’existe pas de membres permanents
dans l’une ou l’autre chambre de l’Assemblée Fédérale.
Aujourd’hui, la
différenciation entre le statut de député de la Douma d’Etat et de
membre du Conseil de la Fédération porte essentiellement sur le mode
de désignation: nomination ou élection.
Aux termex de la
Constitution, la Douma d’Etat regroupe 450 députés, et le Conseil de
la Fédération est constitué de deux représentants de chacu |